Dans cet article scientifique intitulé  « l’archivistique et archivologie : clarification épistémologique, le professeur Bob Bobutaka de l’ISS/Kin et Unikin donne son point de vue scientifique sur : Archivistique et Archivologie.

  

Introduction

Beaucoup de théoriciens dans le domaine des archives exploitent de plus en plus l’archivologie pour mettre en exergue les considérations scientifiques, voire épistémologiques de la science des archives.

L’épistémologie est la branche de la philosophie qui a comme objet d’étude la science. Elle a pour rôle de valider, de critiquer, etc. les connaissances scientifiques et de surcroît les domaines scientifiques. En outre, elle s’intéresse entre autres aux méthodes, aux théories, à l’objet d’étude et de recherche d’une discipline scientifique, à l’élévation de la pensée, à la remise en question d’un discours scientifique, à la construction de la science, à la réalisation des études sur les esprits scientifiques d’une science, etc.

Il a été démontré que les chercheurs dans le domaine des archives se préoccupent rarement de l’emprise de l’épistémologie dans leur champ disciplinaire. En fait, les auteurs dans le champ des archives mettent en relief principalement la construction et l’exploitation des pratiques managériales pour ainsi associer les intelligences relatives à la praxis archivistique.

Il est aussi vrai qu’il faudra reconnaître le fait que quelques penseurs des archives essayent timidement de rationaliser leurs schèmes en exploitant  un contenu épistémologique. Cet effort est observé à travers la lecture des certains livres y relatifs. A ce titre, nous notons aussi les réflexions réalisées à l’Ecole de Chartes de la Sorbonne  en 2003 sur la scientificité de l’archivistique, et ce, malgré le fait que les philosophes des sciences et les épistémologues n’ont pas été invités à ce forum afin d’apporter leurs contributions en la matière. Par ailleurs, nous considérons la réflexion du professeur Carol Couture sur les champs de recherche en archivistique comme une piste des solutions pour la consolidation de l’archivologie d’autant plus que cette étude au contenu philosophique ou gnoséologique favorise le regroupement et l’identification des recherches dans le domaine des archives.

Après avoir mené les recherches à caractère épistémologique sur la scientificité de l’archivistique depuis 2000, nous avons réuni les éléments de conclusion soutenant que l’archivologie est le cadre épistémologique des archives. Ceci est aussi appuyé aussi au travers de notre expérience comme enseignant et chercheur à l’université et comme professionnel dans le domaine des archives depuis 1995. L’archivistique que nous avons enseignée et considérée comme une science éprouve de limites épistémologiques pour bénéficier de la qualification d’une science remplissant des critères de validation épistémologique. Et dans l’hypothèse où l’archivistique serait admise comme une discipline scientifique, force est de reconnaître qu’elle est davantage dans une approche paradigmatique que celle prônant l’interdisciplinarité, voire la syntagmatique.

Certes, il faudra aussi signaler qu’en 2006, l’étudiante Marie-France Luyingi Bobutaka avait fait mention aux disciplines des archives. Sur ce, elle a écrit qu’« A ce stade, nous tenons à souligner que du point de vue conceptuel, la discipline qui s’occupe des archives a évolué selon les 3 termes ci-après : l’archivéconomie, l’archivistique et l’archivologie. En effet, l’archivéconomie tire ses origines du concept bibliothéconomie. Elle était définie comme la science de l’économie des archives selon l’approche belge. L’archivéconomie a été également enseignée dans les universités congolaises notamment dans les Facultés où les enseignements et les recherches en Histoire ont été organisés. L’archivistique a été souvent explicitée comme étant soit la pratique et l’art de gérer les archives, soit la discipline où la science des archives. Enfin, l’archivologie se veut le cadre épistémologique de la science dont l’objet est les archives »[1].

L’archivologie comme discipline scientifique des archives doit aussi se construire aussi bien par l’accumulation des connaissances que par la rupture des connaissances. A ce propos, le Français Gaston Bachelard est l'auteur des réflexions relatives à la connaissance et à la recherche scientifique. Il invente la « psychanalyse de la connaissance objective »[] et est le concepteur de « la rupture épistémologique ». Quant à l’Américain Thomas Samuel Kuhn, il consolide la rupture épistémologique en soutenant qu’une science progresse de manière fondamentalement discontinue, c’est-à-dire non par accumulation mais par rupture. Ces ruptures s’appellent aussi les révolutions scientifiques et sont principalement  exposées dans son livre intitulé : La structure des révolutions scientifiques publié en 1962 qu’il a écrit quand il était encore à Harvard.

Pour  les sciences de l’information et de la communication, y compris le domaine scientifique des archives, il y a de plus en plus des épistémologues qui veulent établir la nette démarcation entre leur praxis et leur pensée.

1. Les Archives

 

Nous soutenons que la Politique et l’Eglise sont des champs qui constituent le grenier de prédilection des archives alors que l’Histoire en est la plus grande utilisatrice.

Du point de vue terminologique, le concept « archives »  est maintenant au féminin pluriel et lorsqu’il écrit avec A majuscule : les Archives désignent un service ou un dépôt d’archives ou encore une archivothèque ; par contre avec a minuscule, les archives signifient les documents ou les supports d’information.

Pour l’histoire de l’écriture de ce concept, Bruno Delmas affirme que le terme              «  Archives »  est un nom féminin pluriel, mais il n’a pas été toujours ainsi. Au XVIIIe siècle, on l’utilisait au masculin singulier. L’apparition, au cours du XIXe siècle, du mot « archives » au féminin pluriel est la conséquence de la formulation de la notion de fonds d’archives dont il devient l’équivalent par contraction. Cet usage accompagne la reconnaissance de la valeur scientifique des fonds d’archives qui implique le principe du respect des fonds. Depuis le dernier quart du XXe siècle, les philosophes et les sociologues réintroduisent l’usage du concept « archive » au singulier, mais au féminin, comme un concept général, considérant le document d’archives comme une trace, un monument, un objet de mémoire. Le caractère fondamentalement scientifique des archives tend à s'effacer ainsi devant le discours mémoriel, l’objet culturel et muséal.

Cette dialectique terminologique est aussi abordée par l’Université de Genève, en ce sens que « Depuis quelques années, les archives sont au centre de débats, de controverses et de préoccupations diverses qui ont largement débordé les milieux patrimoniaux et historiques. Signe paradoxal de cette centralité : la singularisation du mot. On parle plus volontiers aujourd'hui de l' « archive » que des « archives ». Manière de contourner ou de conjurer l'institution, le lieu et le dépôt, au profit d'une extension sémantique qui vise des supports, des contenus et des usages qui se sont diversifiés. Tout devient archive et l'archive paraît ainsi retrouver son sens matériel et ontologique pour désigner l'origine, le commencement, le primitif, le matériau brut. Dans un moment de conversion numérique irréversible, l'archive se confronte à la fragilité des supports. Parce que l'archive est incertaine, archiver devient une obsession de notre temps. Enjeu d'un avenir problématique, l'archive n'est plus seulement une trace, un vestige, une relique, mais l'expression d'une consignation, d'une conservation et d'une préservation de notre présent »[2].

 

De ce qui précède, nous estimons que le concept « archives » doit être transcrit selon l’écriture retenue par les spécialistes et les scientifiques des archives ; car dans cette pluralité de définitions, la discipline de notoriété en la matière qui est l’archivologie ou l’archivistique doit avoir la suprématie sur les autres domaines.

2. L’obsolescence de la théorie des trois âges des archives

L’archiviste Américain Theodore Roosevelt Schellenberg[3] a été le premier à mettre en évidence les trois âges des archives : le premier âge, le  deuxième âge et le troisième âge. Il est surtout connu pour sa contribution à l’archivistique, notamment pour avoir distingué la valeur d’un document d’archives comme une preuve et une source d’information. Ses deux publications les plus connues sont « Modern Archives: Principles and Techniques » en 1956 et « The Management of Archives » en 1965. Il est le père du Records Management que nous  traduisons comme la traçabilité managériale.

De son côté, le Français Yves Pérotin[4] a formulé le concept « trois âges des archives» pour le monde francophone dès 1961 avec une certaine théorisation, dans un article intitulé « L’administration et les «trois âges des archives » publié dans la revue Seine et Paris. Il proposa ainsi « la théorie des trois âges des archives » contenant les archives courantes  ou actives, les archives intermédiaires ou semi-actives et les archives archivées ou définitives. Yves Pérotin est surtout connu pour sa contribution à l'archivistique de langue française. On lui doit notamment la première observation des trois âges des archives et les premières tentatives d'adaptation des procédures du records management en France qu'il avait observées aux États-Unis d’Amérique et au Royaume-Uni.

En citant Schellenberg et Pérotin qui ont révolutionné le domaine des archives, l’on doit aussi citer l’archiviste Britannique Sir Hilary Jenkinson[5] qui était un ancien élève de l'Université de Cambridge. Il entre en 1906 au Public Record Office, dénomination jusqu'en 2003 des Archives Nationales anglaises qu'il dirigera de 1947 à 1954. Il est surtout connu pour sa contribution à l'archivistique de langue anglaise. Le manuel qu'il publie en 1922  sera jusque dans les années 1960 la "bible" des archivistes dans tous les pays anglophones.

La dialectique de la théorie des trois âges dans un contexte d’interrogation sur certains fondements de la profession de l’archiviste a été exploitée lors du colloque organisé en 2003 sur la scientificité de l’archivistique par l’Association Française des Archivistes à l’Ecole Nationale des Chartes à la Sorbonne. Et en 2004, Marcel Caya, professeur canadien d’archivistique, explicite et soutient qu’ « un savoir comme l’archivistique a grandement besoin de recherche et de chercheurs pour étayer les bases scientifiques de ses pratiques. En filigrane, une autre question préalable se posait aussi, sans qu’elle n’ait nécessairement fait l’objet d’un examen exhaustif, c’est bien sûr celle des questionnements actuels de l’archivistique en tant que science, et aussi en tant que pratique (…). Notre exploration s’inscrit donc en marge de la recherche archivistique appliquée et rejoint plutôt d’autres types de recherche plus prospective, plus théorique pour laquelle notre collègue néerlandais Eric Ketelaar avait proposé le terme archivologie»[6].

Cet archivologue Canadien tient au réductionnisme de la théorie des âges en deux composantes et ce, en mettant en exergue l’échec du deuxième âge en ce sens que « la remise en question de l’applicabilité de la théorie des trois âges en Europe est venue de l’administration française elle-même dans son traitement de la notion de pré-archivage  proposée par Yves Pérotin. Dès 1978, en effet, l’abandon par le gouvernement français du service de pré-archivage des Archives Nationales de Fontainebleau a marqué un sérieux recul dans l’utilisation du dépôt intermédiaire en gestion mixte par les ministères producteurs et les archives »[7].

Et conséquemment, nous avons émis la théorie des besoins des documents d’archives avec ses deux cycles ou sous-systèmes : la traçabilité managériale et la traçabilité historiographique. La disparition de la théorie des trois âges des archives n’est pas une fatalité, mais elle entre dans la dynamique épistémologique qui prône la naissance d’une théorie, son développement, sa maturité et sa mort utilitaire ; cette rationalité de la connaissance théorique se construit sur base de la remise en question réfléchie de celle-ci soutenue par les éléments scientifiques probants.

Tableau synoptique et différentiel  de la traçabilité managériale et de la traçabilité historiographique

 

Attribut archivologique

Traçabilité managériale

 Traçabilité historiographique

Orientation managériale

La gestion des archives courantes et intermédiaires

La gestion des archives historiques

Fondement

Le records management

 

L’histoire et l’heuristique

Outil de travail

Le Calendrier de Conservation et d’Elimination 

Les Instruments de Recherche 

Profil des besoins

Les besoins plus orientés vers les géniteurs du document d’archives.

Les besoins plus orientés vers l’utilisateur extérieur.

Base paradigmatique

Construction du fonds d’archives

Exploitation du fonds d’archives.

Collaborateurs de prédilection

Les managers, les employeurs, les employés, les juristes, les historiens, les Archives Nationales, etc.

Les anthropologues, les historiens, les politiciens, les sociologues, les spécialistes de la diplomatique, les paléographes, les Archives Nationales, etc.

Approche légistique

L’exploitation du règlement d’ordre intérieur de l’institution et dispositions légales nationales.

L’utilisation des dispositions légales nationales.

 

Principes archivistiques

Le principe du respect des fonds ou le principe de provenance, le principe de l’ordre primitif et le principe de numérotation.

Le principe de restauration, le principe d’universalité  et le principe de territorialité.

 

Valeur

Probante

Informative

Source : Tableau conçu par nous-même

3. L’Archivistique : intelligence pragmatique de la gestion des archives

 Il y a un débat sur la scientificité de l’archivistique et, sur base de plusieurs réflexions, nous sommes parmi ceux qui soutiennent que l’archivistique est une technique ou une discipline de gestion des archives. Du point de vue historique, on peut aussi retenir que les premiers écrits relatifs à l’archivistique ont été imprimés en 1571 et dont l’auteur, est l’aristocrate allemand Jacob von Rammingen qui est considéré comme le père  de ce sujet académique. Il a fondé une tradition archivistique en Allemagne qui a persisté pendant au moins deux siècles.

Les recherches en archivistique comme discipline ont été mises en exergue par la Troïka Hollandaise composée de Samuel Muller, Johan Adriaan Feith et Robert Fruin au travers de leur publication intitulée : Manuel pour le classement et la description des archives dont le titre  originel est Handleiding voor het ordenen en beschrijven van archieven  publié à Groningue en 1898.

Le Conseil International des Archives définit l’archivistique comme une  discipline traitant des aspects théoriques et pratiques de la fonction archives et soutient que l’archivistique, c’est  l’administration et la gestion des archives mettant l’accent sur les pratiques ou  les aptitudes managériales des archives.

Carol Couture qui est parmi les esprits contemporains de l’archivistique s’appuie sur les travaux de Robert Garon  et estime qu’« il est établi que l’archivistique [est une science ayant comme] objet qui se distingue des disciplines connexes : l’information consignée organique. Elle applique aussi des méthodes qui lui sont particulières, tels que des normes et critères, des délais de conservation ainsi que des règles de sélection des documents. Quant à la finalité de l’archivistique, son originalité ne fait aucun doute : la conservation et l’utilisation de l’information à des fins différentes de celles pour lesquelles elle a été produite.

Tout en encourageant les efforts pour la construction scientifique de l’archivistique exploitée par Carol Couture, une remise en question  des aspects méthodologiques présentés par Robert Garon s’impose car les normes, les critères ne sont pas des méthodes scientifiques. En effet, une science doit avoir son cadre méthodologique scientifique précis ; ce qui n’est pas le cas dans la littérature de Garon. Sur ce, nous sommes ragaillardi avec l’argument méthodologique de David Gracy qui suggère que l’Archivistique nécessite une méthodologie adéquate telle que l’analyse comparative, statistique, qualitative ou historique.

L’archivistique comprend les schèmes tels que l’archivistique traditionnelle, le records management, la théorie de continuum, l’archivistique intégrée, l’archivistique internationale, etc. L’archivistique traditionnelle tire ses origines de la France et sa quintessence est la traçabilité historiographique.  Le records management dont la genèse est liée à l’archiviste américain Theodore Roosevelt Schellenberg qui a été désigné respectivement par les présidents américains Trutman en 1947 et Eisenhower en 1953 pour l’installation de la commission Hoover dont l’objectif principal était d’étudier les « écrits de gestion » dans l’organisation et le fonctionnement de tous les départements de l’administration fédérale des Etats-Unis d’Amérique.

Selon Luis Carlos Lopes, l’archivistique intégrée apparaît comme la plus susceptible de soutenir une démarche globalisante et rapprochant avec succès l’archivistique traditionnelle et le records management. Actuellement, l’archivistique intégrée poursuit son développement.

L’archivistique internationale, d’après Marcel La jeunesse qui a défendu l’idée de l’internationalisme archivistique, est un paradigme de l’exercice des professions documentaires. Il a également pris la défense de l’idée suivante: le domaine de l’information, des bibliothèques et des archives est, par essence, un domaine de nature internationale. L’information ne s’arrête pas aux frontières des États nationaux.

Sur les aspects disciplinaires des archives, il y a lieu également de faire allusion à la recherche en archivistique. En effet, on peut noter que celle-ci s’exerce dans des conditions particulières, notamment de multidisciplinarité qui impliquent, entre autres, le records management, l’histoire, l’administration, l’informatique et la bibliothéconomie ; et nous pouvons allonger la liste avec les disciplines telles que la bibliologie, l’anthropologie, l’ethnologie, etc.

Nous notons l’existence d’un débat sur une« approche africaniste » de l’archivistique où l’on souligne l’oralité comme fondement de la gestion des archives. Delà, il importe de mettre en évidence que les archives exploitent aussi la mnémotechnique qui est l’ensemble des méthodes permettant de mémoriser.

En clair, la finalité de l’archivistique est la mémoire. Les paradigmes fondamentaux des archives sont la conservation et la communication des informations. Dans le système de l’oralité, la conservation et l’utilisation de l’information produite par la société traditionnelle africaine est gérée, notamment par le griot. Il serait commode dans cette logique que l’archivistique, selon le courant africaniste, puisse prendre en compte, notamment l’anthropologie, la sociologie, l’ethnologie, etc. afin de mieux associer son intelligence dans un environnement à tradition orale. Dans cette approche de l’oralité, nous sommes en train de consolider les néologismes « oralistique »[8] et « oralogie »[9].

Qu’à cela ne tienne. Dans la définition du cadre de recherche en archivistique, David Gracy estime que la recherche en archivistique doit s’effectuer en tenant compte des cinq conditions suivantes: (1) La recherche en archivistique doit aller au-delà de la simple description d’événements: elle nécessite une méthodologie adéquate telle que l’analyse comparative, statistique, qualitative ou historique; (2) La nature archivistique de l’information doit constituer un champ de recherche prioritaire; (3) La recherche en archivistique doit recourir aux sciences de l’information, surtout à ce qui a trait aux documents électroniques; (4) La recherche en archivistique doit prendre une dimension internationale; (5) Des efforts systématiques doivent être déployés pour trouver les fonds nécessaires au financement de la recherche.

 

 

4. L’Archivologie : science des archives

 

Sous l’impulsion des travaux de Robert Estivals sur la scientificité de l’écrit et de la communication écrite (la bibliologie), et la contribution d’Eric Ketelaar, nous nous efforçons de donner un contenu épistémologique à l’archivologie : science des archives en opposition avec l’archivistique : la technique de gestion des archives. Pour établir  la rupture épistémologique de l’archivistique comme science, Hubert Fondin[10], souligne que « (…) parler de science à propos de l’archivistique serait un abus de langage : comme pour la documentation et la bibliothéconomie, c’est une technique qu’il s’agit d’améliorer, une préoccupation autour d’objets manipulés plutôt qu’une réflexion scientifique, mais comme toute technique, l’archivistique doit être rattachée à une science fondatrice »[11].

En outre, Eric Ketelaar s’écarte de la définition de l’archivistique comme science d’autant plus qu’elle ne répond pas fondamentalement au questionnement sur le « Pourquoi ?». À cet effet, il était « assez hésitant sur le statut scientifique de l’archivistique (…) faisait remarquer dans l’une de ses conférences que le savoir archivistique se construisait essentiellement autour des questions « Quoi ? » et « Comment ?», mais rarement autour de la question « pourquoi? ». On pourrait ajouter que pour tout projet scientifique, mais singulièrement pour une science ayant trait à l’humain, l’absence de cette troisième interrogation pose de singuliers problèmes.

Il est vrai que le débat sur la scientificité de l’archivistique n’est pas à la portée de l’archiviste ; mais plutôt de l’essor de l’archivologue. En d’autres termes, la préoccupation fondamentale du professionnel des archives est la gestion de celles-ci pendant que l’objectif de l’archivologue est la réflexion épistémologique des archives.

Le concept « archivologie » est de plus en plus utilisé pour désigner la science ou le discours sur les archives. La publication des Allemands Knut Ebeling et Stephan Günzel intitulée « Archivologie. Theorien des Archivs in Philosophie, Medien und Künsten » publiée à Berlin en 2009 consolide notre heuristique épistémologique de l’archivologie. La traduction compréhensive de ce titre peut être « L’archivologie : la théorie et la philosophie des archives ». Ces deux auteurs définissent le contexte de mutation de l’archivistique en archivologie en ce sens qu’ « (…) il inscrit une réflexion sur l’archivistique dans un cadre contemporain qui ne se limite pas au domaine des archives elles-mêmes mais qui concerne les transformations des sociétés modernes ou post-modernes. Pour les auteurs, le discours sur [les archives] en est à son apogée depuis la chute du mur, l’expansion de nouvelles économies et l’émergence de nouvelles guerres. Pour donner à leur réflexion cette dimension globale, ils suggèrent de reprendre le terme proposé par Jacques Derrida : archivologie »[12].

La construction d’un concept a aussi une histoire et une genèse ; il nous revient de noter que le Français Jacques Derrida[13], dans sa publication intitulée le «Mal d'archive », aux éditions Galilée en 1995,  a prédit l’existence de ce concept en avançant que « (…) l’archivologie (…), un mot, qui n’existe pas, mais qui peut décrire une science générale et interdisciplinaire des [archives]»[14].

En exploitant l’archivologie au lieu de l’archivistique, nos confrères Allemands justifient l’interdisciplinarité à la profession qui exploite les archives. Pour consolider la justification terminologique de l’archivologie, Marcel Caya a noté que « notre collègue néerlandais Eric Ketelaar [15] avait proposé le terme «archivologie»[16]. En outre, Yves Pérotin, directeur des Archives de la Seine, s’interroge dans les années 1960 sur l’opportunité d’utiliser le terme « archivologie ».

L’archivologie et l’archivistique ont comme fondement les archives. Le Conseil International des Archives les définit  comme étant « l’ensemble des documents, quels que soient leur date, leur forme et leur support matériel, produits ou reçus par toute personne physique ou morale, et par tout service ou organisme public ou privé, dans l’exercice de leur activité (…) »[17].

 

Bon nombre de chercheurs sont d’avis que cette définition est davantage  institutionnelle et pragmatique, par conséquent, elle est limitée. Pour appuyer cette approche définitionnelle, nous ajoutons que « dans le langage courant, on parle d’archives de film, d’archives orales, d’archives de l’image et du son pour désigner des documents qui, en réalité, ne répondent nullement à la définition officielle »[18].

 Quant à nous, « les  archives  sont les informations cristallisées émanant des activités de toute personne morale ou physique dans une approche de matérialité, de dématérialisation et d’immatérialité ainsi constituées, traitées, conservées et communiquées à des fins de la gestion, de l’identité et de la connaissance de celle-ci »[19].

 Aussi peut-on noter que les archives du premier âge et du deuxième âge font partie de la traçabilité managériale que d’aucuns appellent abusivement les archives administratives et que les Anglo-saxons qualifient de Records Management en opposition avec la traçabilité  historiographique qu’ils appellent Archives. Par ailleurs, la notion de l’inertie des archives au 3e âge est fonction de la non exploitation de ces documents d’archives par leur géniteur ; cependant, ils sont actifs dans leur nouvel environnement où ils seront gardés et utilisées pour «l’éternité». D’où, nous avons aussi formulé la théorie de l’inertie des documents d’archives historiques.

 

5. Les auteurs ayant exploité le concept archivologie[20]

Le concept archivologie laisse tromper certaines personnes à croire qu’il n’est pas d’usage scientifique, et pourtant, on le retrouve déjà dans des nombreuses littératures scientifiques des auteurs aussi importants qui exploitent les archives. Pour ce faire, la construction de quelques foyers internationaux d’exploitation du concept archivologie s’avère indispensable pour la validation épistémologique de ce concept.

1. Le foyer Allemand                                          

Les Professeurs Markus Knut Ebeling et Stephan Gunzel utilisent le substantif archivologie dans leur livre intitulé « Archivologie. Theorien desArchivs in philosophie, medien und Kunsten » publié en 2009 à Berlin. La traduction littéraire de ce titre est « Archivologie : la théorie et la philosophie des archives ».

2. Le foyer Français

C’est dans ce foyer qu’on voit apparaître la suggestion du concept archivologie par le Professeur Jacques Derrida dans le Mal d’archives en 1995. Conscient par sa pensée que « le concept archivologie n’est pas encore exploité, mais il peut décrire une science générale et interdisciplinaire des archives »[21].

On peut aussi citer dans ce lot, les réflexions d’Yves Pérotin et du professeur d’Archivistique Bruno Delmas. En effet, le second cite le premier pour justifier le concept archivologie, notamment à travers le livre de Pérotin intitulé : Manuel d’archivologie tropicale publié au début de la décennie 1960.

3. Le foyer Néerlandais

Quant à ce foyer, nous retenons le Professeur Eric Ketelaar qui a aussi utilisé le substantif archivologie, alors cité par  le Professeur Marcel Caya, lors de la conférence  de l’Ecole de Chartes en 2004 et durant sa communication, il a mentionné que « (…) l’exploration s’inscrivait donc en marge de la recherche archivistique appliquée et rejoint plutôt d’autres types de recherche plus prospectives, plus théoriques, pour laquelle notre collègue néerlandais Eric Ketelaar avait proposé le terme « archivologie »[22].

4. Le foyer Canadien

Dans ce foyer qui marque aussi une noblesse de richesse de la discipline et de la profession des archives par son abondante production dans le domaine des archives, nous citons Marcel Caya qui exploite l’archivologie dans son article scientifique sous le titre « La théorie des trois âges en archivistique. En avons-nous toujours besoin ? ». Il soutient qu’il est important de considérer les recherches en archivistique comme l’avait prédit le Professeur Eric Ketelaar que ces recherches relèvent de l’archivologie.

L’apport du professeur Marcel Caya dans la conceptualisation de l’archivologie se trouve bel et bien du fait qu’il ait pu révéler la recherche terminologique y relative effectuée par son collègue archivologue Ketelaar. Cette reconnaissance scientifique lui vaut une paternité de ce concept d’autant plus qu’avant sa référence, on savait guère que dans le monde des professeurs en Archivistique, il y avait aussi l’utilisation de l’archivologie comme science des archives.

Ceci consolide l’argument selon lequel la lecture des publications est un gage essentiel pour la connaissance et la compréhension de la science.

5. Le foyer de l’Amérique Latine

Le concept archivologie, en espagnole langue utilisée aussi en Argentine « archivologo »[23] est exploité  par le Professeur Norma Fenoglio à l’école d’Archivologie de l’Université Nationale de Cordoba en Argentine. Elle reconnait la problématique terminologique qui se vit dans leur espace scientifique entre archivologo, archivistica et archivero. Ce foyer exploite l’archivologie pour designer toute une filière scientifique, sinon une école de formation dans le domaine des archives.

Certes, il sied de souligner le fait que notre collègue Norma Fenoglio nous a encouragé lorsqu’elle avait pris connaissance en 2013 de notre article scientifique intitulé : De l’archivistique à l’archivologie : essai d’une rupture épistémologique. Elle nous a informé l’exploitation de cette publication scientifique dans ses enseignements et ses recherches en vue de consolider les aspects différentiels entre  l’archivistique et l’archivologie.

6. Le foyer de la République Démocratique du Congo

Nous constatons que ce foyer est plus prôné par le Docteur Professeur Bob Bobutaka dans ses multiples publications sur le questionnement philosophique et épistémologique des sciences de l’information et de la communication, notamment :

  1. Ecrit, information et communication en République Démocratique du Congo : essai de Bibliologie, Kinshasa, L’Harmattan, 2009,183p ; où nous avons exploité le concept archivologie à la page 109 en soulignant que « Yves Pérotin avec sa théorie de trois âges et la conceptualisation de terme  archivologie (…) ».
  2. RD Congo-Belgique : Archives, Bibliothèque et Bibliologie, Saarbrücken, Editions Universitaires Européennes, 2013, 301 p, dans lequel nous avons fait usage de l’archivologie à la page 4 en notant que « l’archivologie ne saurait remplir les conditionnalités épistémologiques si elle n’arrive pas à construire notamment son champ terminologique, sa sémantique, sa syntaxe théorique, son cadre méthodologique, etc. » ;
  3. Archivologie, Bibliologie et Communicologie : approche épistémologique, Saarbrücken, Editions Universitaires Européennes, 2014, 423 p, qui dès l’introduction du livre à la page une cite l’archivologie comme discipline scientifique qui consacre les épistémologies des archives (…) ;
  4. Archivistique, Bibliothéconomie, Documentation et Légistique : Des disciplines de la bibliologie, Paris, L’Harmattan, 2015 et315 p. Nous avons exploité l’archivologie en argumentant que « beaucoup de théoriciens exploitent le concept « archivologie » au lieu de celui d’ « archivistique » pour désigner le domaine scientifique des archives ;
  5. Bibliologie : science de l’information et de la communication, Saarbrücken, Editions Universitaires Européennes, 2015 et contenant 478 pages. Dans l’intervalle des pages allant de 261 à 275, nous avons exploité l’Archivistique et l’Archivologie.
  6. « Courrier électronique ou média interactif : de la bibliomatique à l’archivologie électronique » in Revue de la Bibliologie, Schéma et Schématologie : Hommage à Elena Savova, n°75, Paris, L’Harmattan, Société de Schématologie et de Bibliologie, 2010, pp.107-112. Cet article scientifique exploite systématiquement l’archivologie.
  7. « De l’archivistique à l’archivologie : essai d’une rupture épistémologique », in Revue de Bibliologie, Schème et Schématologie : le Cycle inter-séculaire du libéralisme et du communisme, vers la lutte finale ?, n°79, Paris, L’Harmattan, 2013, pp 110-132 dans lequel, il exploite le concept archivologie comme un déterminant scientifique ou épistémologique des archives.

 Tout récemment en 2017, nous avons publié un autre livre qui aborde également les éléments archivologiques. Il est intitulé : La France, la Belgique et les deux Congo : mémoire historique, approche archivologique et communication politique, il est édité aux éditions Edilivre à Paris et contenant 282 pages. Dans cette publication, il a aussi été question d’établir la corrélation entre l’Histoire, l’Archivistique et l’Archivologie dans les pages allant de 13 à 32.

 Par ailleurs, nous retenons les éléments du texte du mémoire universitaire d’Evariste Makaya de 2006 à 2016 sur l’archivologie en ces termes : « Il sied de signaler que nous avons dénombré 20 mémoires traitant de l’archivologie à l’Institut Supérieur de Statistique de Kinshasa et 3 mémoires à l’Université de Kinshasa, et ce, à travers leurs départements des Sciences et Techniques Documentaires. En ce qui concerne les institutions où nous avons entrepris notre recherche, l’ISS/kin a produit beaucoup de mémoires qui ont exploité l’archivologie par rapport à l’Unikin. Le premier à exploiter le concept archivologie dans le mémoire de licence, c’est l’étudiante Marie-France Luyingi Bobutaka avec son mémoire [de fin d’études supérieures en Archivistique défendu en 2006] intitulé : Application des champs de recherche de Carol Couture sur des travaux défendus au département de sciences et techniques documentaires de l’Institut Supérieur de Statistique de Kinshasa »[24].

Certes, dans cet exercice cognitif visant la construction de l’histoire conceptuelle de l’archivologie, il faudraaussi noter qu’en 2018 courant, nous avons enrichi le cadre conceptuel de l’archivologie avec la contribution terminologique du Russe Eugene Starostine[25].Ce professeur d’archivistique a aussi évoqué l’archivologie en ces termes : Il attire l’attention de la communauté scientifique sur la nécessité d’étudier la façon dont tous les évènements courants et extraordinaires de la vie sont documentés dans les différentes civilisations et il l’appelle cette « fixation de la vie dans les documents » - l’archivologie (le terme original inventé par E V Starostine –note de VT). Il insiste beaucoup dans ses publications sur le fait que, pour l’historien, la connaissance des lacunes dans le fonds qu’il étudie et de leur origine (destruction sauvage, tri réglementaire, conflit armé, catastrophe naturelle, déménagement du service) est aussi importante que la connaissance et la maitrise des sources présentes et disponibles.

Cet apport du professeur Starostine peut donner la matière pour instaurer un foyer russe dans la construction conceptuelle de l’archivologie.

Somme toute, ce voyage de par le monde démontre l’acceptation, la validation et l’utilisation universelle du concept archivologie. Cet état des choses consolide l’histoire scientifique du concept archivologie.

Tableau différentiel de l’archivistique et de l’archivologie[26]

 

Identifiant

Archivistique

Archivologie

Orientation disciplinaire

Discipline pragmatique ou opératoire des archives.

Discipline épistémologique des archives.

Production scientifique

Savoir scientifique des archives.

Connaissance scientifique des archives.

Interrogatoire épistémologique

Elle se fonde sur les questions Quoi faire ? ou Que faire ? et Comment faire ?

Elle répond à la question Pourquoi faire ?

Comportement bibliologique

Exploitation des fonds d’archives.

Production des livres sur les archives

Activité professionnelle

Gestionnaire des archives.

Théoricien, scientifique des archives.

Orientation de recherche

Recherche administrative et professionnelle

Recherche scientifique et interdisciplinaire.

Appellation

Archiviste, Records Manager, archivaire, conservateur des archives, etc.

Archivologue, scientifique des archives, épistémologue des archives, etc.

Déontologie professionnelle

Discrétion, communication des archives selon les délais de communicabilité.

Pédagogue, communicateur des archives pour des raisons de recherche et d’apprentissage.

Psychopédagogie professionnelle

Magister dixit, application stricte des normes et textes légaux

Dialectique scientifique des normes, théories,des textes, etc.

Quintessence professionnelle

Métier d’archiviste avec la maîtrise de la technicité de gestion des archives

Scientifique prônant  l’interdisciplinarité

Psycho-communication

Il ne parle presque pas pour la déontologie professionnelle

Il parle beaucoup pour expliquer les phénomènes des archives

Source : Tableau conçu par nous-même.

                En guise de synthèse herméneutique de ce tableau, nous pouvons nous permettre d’établir le parallélisme différentiel entre le pharmacien et le pharmacologue pour en faire une application dans la différenciation entre l’archiviste et l’archivologue. En effet, le pharmacien est un titulaire de diplôme de docteur en pharmacie et qui œuvre dans un laboratoire, voire dans une usine ou dans un dépôt pharmaceutique, alors que le pharmacologue est un spécialiste et théoricien de la pharmacologie : la science médicale et de la pharmacie qui s’occupe des médicaments et des autres substances actives sur l’organisme. Donc, l’archiviste est comparable à un pharmacien, tandis que l’archivologue agit comme un pharmacologue.

En plus, on constate aussi que dans plusieurs pays le qualificatif d’archiviste est attribué à qui conqueœuvrant dans un service d’archives, quand bien même il n’a pas un diplôme de la profession d’archiviste. Et avec l’émergence des universitaires dans le domaine des archives, le qualificatif d’archivologue permet d’en faire aussi une démarcation significative.

Conclusion

Nous sommes convaincu que la science fondatrice de l’archivistique, c’est l’archivologie qui, elle-même, fait partie de la bibliologie ; cette dernière étant comprise dans l’univers des sciences de l’information et de la communication. Cette même approche est d’application également en bibliothécologie et en documentologie qui sont respectivement les sciences d’attache de la bibliothéconomie et de la documentation.

La différence entre l’archivologie et l’archivistique se précise davantage. Un archivologue exploite principalement les livres et d’autres publications sur les archives pour exercer son métier d’enseignant et de chercheur alors que l’archiviste mise sur les fonds d’archives. Si l’archiviste, professionnel de l’écrit administratif, est discret pour des raisons de la déontologie professionnelle, l’archivologue, comme épistémologue et pédagogue universitaire des archives communique suffisamment sur les archives.

Pour corroborer nos réflexions épistémologiques sur l’archivologie, nous avons écrit que « Nos recherches sur l’archivologue se consolident davantage. Si l’archiviste est un professionnel œuvrant dans un service d’archives, l’archivologue peut avoir le même profil de formation que l’archiviste, mais après la formation universitaire, il est recruté pour entreprendre les recherches épistémologiques relatives au domaine des archives »[27].

L’étude sur les champs de recherche en archivistique de l’universitaire canadien Carol Couture financée par l’Unesco se situe bel et bien dans le champ archivologique d’autant plus qu’elle ne saurait être d’application dans l’agir archivistique, sinon dans la gestion d’un service d’archives. Son lieu de prédilection est dans le monde académique produisant et exploitant la documentation souterraine ou les travaux défendus sur les archives tels que le travail de fin du premier cycle supérieur ou universitaire (Bac+3), le mémoire de licence (Bac+5) ou celui de Master ou encore celui de 3e cycle et la thèse de doctorat.

Enfin etpour davantage d’ancrage, l’archiviste s’opérationnalise principalement sur les pratiques archivistiques, alors que l’archivologue construit son heuristique et sa communication pédagogique moyennant l’exploitation rationnelle des livres, des articles scientifiques et de la production documentaire universitaire, etc. dans la thématique de recherche sur les archives. En tout état de cause, si la formation professionnelle des archivistes-professionnel-gestionnaire des archivesn’avait pas besoin de ce genre d’échanges, certesavec l’organisation de cycle de doctorat dans certaines universités dans le domaine des archives, il faudra davantage encourager l’élévation de la pensée philosophique et la construction des schèmes dialectisantautour de problèmes épistémologiques fondamentaux de la discipline des archives.

Références bibliographiques et webographiques

  1. Bobutaka Bateko Bob, Archivistique, Bibliothéconomie, Documentation et Légistique : Des disciplines de la bibliologie, Paris, L’Harmattan, 2015, 315 p.
  2. Bobutaka Bateko Bob, Archivologie, Bibliologie et communicologie : approche épistémologique, Saarbrücken, Editions Universitaires Européennes, 2014, 423 p.
  3. Bobutaka Bateko Bob, Bibliologie : science de l’information et de la communication, Saarbrücken, Editions Universitaires Européennes, 2015, 478 p.
  4. Bobutaka Bateko Bob, Courier électronique ou média interactif : de la bibliomatique à l’archivologie électronique in Revue Bibliologie, Schéma et Schématisation : Hommage à Elena Savova, n* 75, Paris, L’Harmattan, 2010, pp. 112- 131.
  5. Bobutaka Bateko Bob, De l’archivistique à l’archivologie : essai d’une rupture épistémologique, in Revue de Bibliologie, Schème et Schématologie : le Cycle inter-séculaire du libéralisme et du communisme, vers la lutte finale ?, n°79, Paris, L’Harmattan, 2013, pp 110-132.
  6. Bobutaka Bateko Bob, DR Congo-Belgique : Archives, Bibliothèque et Bibliologie, Saarbrücken, Editions Universitaires Européennes, 2013, 301 p.
  7. Bobutaka Bateko Bob, Epistémologie génétique de Piaget: Fondement Théorique de la Bibliologie et du Schématisme, de l’éditologie et de la communicologie in Revue Bibliologie, Schéma et Schématisation : Théorie de la fin du libéralisme et la suprématie de la Chine communiste, n* 77, Paris, L’Harmattan, 2012, pp.103-121.
  8. Bobutaka Bateko Bob, La France, la Belgique et les deux Congo : mémoire historique, approche archivologique et communication politique, Paris, Edilivre, 2017, 282 p.
  9. Bobutaka Bateko Bob, Nouvelles pistes pour les archives et les archivistes d’Afrique in Africa Studia : Africa Europe Archives, Requirements ?, Collaborations ? Plans DR  Congo, Rwanda Burundi and Belgium, n* 138, Bruxelles, Archives Royales de Belgique, 2013, pp. 57-74.
  10. Bobutaka Bateko Bob, Professeurs émérites Carol Couture, Eric Ketelaar et Robert Estivals : les modèles de la construction du savoir scientifique en sciences de l’information et de la communication in Revue de Bibliologie, Schéma et Schématisation : Otlet et la bibliologie, n* 73, Paris, L’Harmattan, 2010, pp. 108-124.
  11. Bobutaka Bateko Bob, Synoptique épistémologique de la bibliologue: corpus terminologique, théorique et méthodologique in Revue Bibliologie, Schéma et Schématisation : De l’Occident libéral à l’Eurasie communiste. La bibliologie coloniale, n* 78, Paris, L’Harmattan, 2013, pp. 196- 214.
  12. Caya Marcel, La théorie des trois âges en archivistique. En avons-nous toujours besoin ?,http://elec.enc.sorbonne.fr/document72.html, consulté 25 juillet 2008 à 15h34.
  13. Conseil International des Archives, Dictionnaire de terminologie archivistique, Paris, CIA, 1984, 215 p.
  14. Couture Carol et Rousseau Jean Yves, Les archives au XXe s, Montréal, Université de Québec, 1982, 491p.
  15. Ebeling Knut et Günzel Stephan, Archivologie, http://archishs.hypotheses.org/463, consulté le 24 juillet 2011 à 21h34.
  16. Ketelaar Eric, L’archivistique dans le monde actuel in Revue Revista archivelor, Roumanie, 2007, pp.112 – 123.
  17. Liard Marie-Françoise, L'archivistique est-elle une science ?, Bulletin des Bibliothécaires Français, 2003, Paris, t. 48, n° 3, http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2003-03-0099-005, consulté le 30 avril 2011 à 11h34.
  18. Luyingi Bobutaka Marie-France, Application des champs de Recherche de Carol Couture aux travaux défendus en archivistique à l’Institut Supérieur de Statistique de Kinshasa, Mémoire de licence (Bac+5) dirigé par le professeur Denis Nzokantu et encadré par l’Assistant Marie-Raphaël Wolo-wolo,Section : Sciences et Techniques Documentaires, option : Archives, Kinshasa, 2006, 116 f.
  19. Makaya Malanda Evariste,Analyse du concept du concept Archivologie dans les mémoires des Sciences et Techniques Documentaires à l’Institut Supérieur de Statistique de Kinshasa et à l’Université de Kinshasa : approches bibliographique et bibliométrique, Mémoire de Licence (Bac+5), dirigé par le professeur Bob Bobutaka Bateko et encadré par le Chef de Travaux Marie-Raphaël Wolo-wolo, Section : Sciences et Techniques Documentaires, option : Archives, Kinshasa, 2016, 116 f.
  20. Musey Nina Eloki Matthieu, Claude Lévi-Strauss : Anthropologie et communication, Bern, Frankfurt, New York, Publications Universitaires Européennes, 1984, 233 p.
  21. Ngongo Musuyu Faustin, Essai de réflexion sur l’Archivologie comme Philosophie des Archives, Mémoire de Licence (Bac+5), dirigé par le professeur Bob Bobutaka Bateko et encadré par le Chef de TravauxMarie-Raphaël Wolo-wolo, Section : Sciences et Techniques Documentaires, option : Archives, Kinshasa, 2016, 120 f.
  22. Université de Genève, Maison de l’histoire, Colloque international : Archives des savoirs : problèmes et enjeux, http://www.unige.ch/rectorat/maison-histoire/Recherche/Archives-1/Appel_a_contribution.pdf, consulté le 24 septembre 2013 à 19h00.
  23. Université de Lausanne, Cours 3:le métier et la formation d’archiviste, 10 juin 2002, pp. 30-31.

 

Bob Bobutaka Bateko, Professeur d’université[28]

e-mail :bobbobutaka@yahoo.fr

Téléphone : 00243 (0) 99 99 24 196

 

 



[1] Marie-France Luyingi Bobutaka, Application des champs de Recherche de Carol Couture aux travaux défendus en archivistique à l’Institut Supérieur de Statistique de Kinshasa, Mémoire de licence (Bac+5) dirigé par le professeur Denis Nzokantu et encadré par l’Assistant Marie-Raphaël Wolo-wolo,Section : Sciences et Techniques Documentaires, option : Archives, Kinshasa, 2006,  f. 42.

[2] Université de Genève, Colloque international : Archives des savoirs : problèmes et enjeux, http://www.unige.ch/rectorat/maison-histoire/Recherche/Archives-1/Appel_a_contribution.pdf, consulté le 24 septembre 2013 à 19h00.

[3]Theodore Roosevelt Schellenberg archiviste américain, né le 24 février 1903 à Garden Township (Kansas) et mort le 14 janvier 1970 à Arlington (Virginie).

[4] Yves Pérotin est né le 15 juillet 1922 à Bordeaux et est mort le 1er mars 1981 à Perpignan, est un archiviste français. Il est reçu en 1942 à l'École nationale des chartes, Reprenant ses études, il soutient une thèse sur le chapitre collégial de Saint-Seurin de Bordeaux pour obtenir son diplôme d'archiviste-paléographe en 1948. Il dirige  successivement les Archives départementales du Lot-et-Garonne (1948-1952), de la Réunion (1952-1958), de la Seine et du Var (1971-1972). Il exerce aussi des fonctions d'archiviste aux Nations-Unies avant de terminer sa carrière aux Archives départementales des Pyrénées-Orientales (juillet 1974-mai 1981).

[5] Sir Hilary Jenkinson est un archiviste Britannique, né en 1882 et mort le 5 mars 1961.

[6] Marcel Caya, La théorie des trois âges en archivistique. En avons-nous toujours besoin ?,École des chartes, Jeudi 2 décembre 2004, http://elec.enc.sorbonne.fr/conferences/caya, consulté le 24 décembre 2012 à 18h45.

[7] Ibidem

[8] C’est une technique de gestion de l’oralité.

[9] C’est un ensemble des connaissances structurées scientifiquement pour répondre aux questions du quand ?, d’où ?, du comment ? et du pourquoi ? de l’oralité.

[10] Professeur français en sciences de l’information à l’université de Bordeaux III.

[11]Marie-FrançoiseLiard, L'archivistique est-elle une science ?, Bulletin des bibliothèques de France,  2003 - Paris, t. 48, n° 3, http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2003-03-0099-005, consulté le 30 avril 2011 à 11h34.

[12]Knut Ebeling et Stephan Günzel, Archivologie, http://archishs.hypotheses.org/463,consulté le 24 juillet 2011 à 21h34.

[13]Jacques Derrida est né Jackie Derrida le 15juillet1930 à El Biar (Algérie française) et est mort le 8octobre2004 à Paris. Jacques Derrida est un Français d’origine Algérienne. C’est un philosophefrançais qui a créé puis développé la notion de déconstruction. À la suite de Heidegger, Derrida cherche à dépasser la métaphysique traditionnelle et ses résonances dans les autres disciplines. Après sa licence ès lettres à l'université de Paris, il part aux Archives Husserl de Louvain en 1953-1954. Il obtient le diplôme d'études supérieures en philosophie avec un mémoire concernant Le Problème de la genèse dans la philosophie de Husserl[], influencé par les travaux de Jean Hyppolite, et Jean Cavaillès. Il suit les cours de Michel Foucault.

[14]Knut Ebeling et Stephan Günzel, Archivologie,

[15] Eric Ketelaar (1944) is Professor of Archivistics (Archival Science) in the Department of Mediastudies (Archives and Information Studies) of the University of Amsterdam (since 1997). He is a Honorary Professor at Monash University, Melbourne (Faculty of Information Technology).

[16]Marcel Caya, La théorie des trois âges en archivistique. En avons-nous toujours besoin ?,

http://elec.enc.sorbonne.fr/document72.html, consulté 25 juillet 2008 à 15h34.

[17] CIA, Dictionnaire de terminologie archivistique, Paris, CIA, 1984, p. 25.

[18] Université de Lausanne, Cours 3: le métier et la formation d’archiviste, 10 juin 2002, pp. 30-31.

[19] Bob Bobutaka Bateko, La France, la Belgique et les deux Congo : mémoire historique, approche archivologique et communication politique, Paris, Edilivre, 2017, p.12.

[20]Faustin Ngongo Musuyu, Essai de réflexion sur l’Archivologie comme Philosophie des Archives, Mémoire de Licence (Bac+5), directeur le professeur Bob Bobutaka Bateko et encadré par Raphaël Wolo-wolo, Section : Sciences et Techniques Documentaires, option : Archives, Kinshasa, 2016, 120 f.

[21] Bob Bobutaka Bateko, Archivologie, Bibliologie et communicologie : approche épistémologique, Saarbrücken, Editions Universitaires Européennes, 2014, p.20.

[22]  Marcel Caya, La théorie de trois âges en archivistique. En avons-nous ? Edition en ligne de l’Ecole nationale des chartes, Paris, 2004, p.1.

[23]Lire à ce sujet une correspondance électronique entre Le Professeur Norma et Professeur Bobutaka autour de « De l’archivistique à l’archivologie (…)», jeudi 6 Février 2014 à 16h12.

[24] Evariste Makaya Malanda,Analyse du concept du concept Archivologie dans les mémoires des Sciences et Techniques Documentaires à l’Institut Supérieur de Statistique de Kinshasa et à l’Université de Kinshasa : approches bibliographique et bibliométrique, Mémoire de Licence (Bac+5), dirigé par le professeur Bob Bobutaka Bateko et encadré par le Chef de Travaux Marie-Raphaël Wolo-wolo, Section : Sciences et Techniques Documentaires, option : Archives, Kinshasa, 2016, ff. 104-105.

[25]Il est né le 4 novembre 1935 à Sol-Iletsk et décédé le 23 mars 2011 à Moscou.Il est un  historien et archiviste russe, expert UNESCO (1994-1995), docteur en histoire (1972) docteur d’état en archivistique, documentation et gestion documentaire (1995), spécialiste éminent en archivistique et en histoire universelle des archives, critique et typologie des sources, histoire de la pensée socio-politique russe, spécialiste de Pierre Kropotkine, expert en restitution des biens culturels. Professeur titulaire (1992) et directeur de la Chaire d'histoire et d'organisation des archives (1981-2011) de l'Institut d'histoire et des archives de l'Université d'État des sciences humaines de Moscou (1992-1996).

[26] Bob Bobutaka Bateko, Archivistique, Bibliothéconomie, Documentation et Légistique : Des disciplines de la bibliologie, Paris, L’Harmattan, 2015, p. 237.

 

[27] Bob Bobutaka Bateko, Nouvelles pistes pour les archives et les archivistes d’Afrique in Africa, Studia : Africa Europe Archives, Requirements ?, Collaborations ? Plans DR Congo, Rwanda Burundi and Belgium, n* 138, Bruxelles, Archives Royales de Belgique, 2013, p.62.

[28]Il est professeur d’Archivistique à l’Institut Supérieur de Statistique de Kinshasa et à l’Université de Kinshasa et il détient Doctoratd’Etat en Sciences de l’Information et de la Communication. Il a aussi un Diplôme d’Etudes Approfondies en Sciences de l’Information et de la communication dans les orientations archivistique et bibliothéconomie et un diplôme de troisième cycle professionnel en bibliothéconomie. Il a deux licences (Bac+5) en Archives et en Bibliothéconomie et Documentation ainsi qu’un diplôme de graduat (bac+3) en Sciences et Techniques documentation dans l’option : Archivistique. Enfin, il est auteur de plusieurs livres et articles scientifiques publiés en France, en Belgique, en Allemagne et en République Démocratique du Congo.