Les inventions africaines sont toujours d’actualité. Pour preuve : les pictogrammes de l’ hiéroglyphe sont utilisés pour les panneaux de signalisation routière et l’Os d’Ishango contribue dans les avancées de l’informatique. La mathématique a été inventée  pour trouver une solution à un problème posé mais l’écriture pour conserver la pensée. Avec des signes d’une écriture, on peut rédiger des millions des langues mais toutes les langues n’ont pas d’écriture.

Hieroglyphe egyptienne

Le monde actuel veut ignorer le rôle qu’a joué l’Afrique au temps de l’empire de l’Egypte antique, celui de l’invention de l’écriture hiéroglyphe et de la mathématique par le Bâton ou l’Os d’Ishango en République démocratique du Congo. L’esprit de cette invention plane sur toutes les inventions humaines jusqu’aujourd’hui. Les Egyptiens, eux-mêmes, nommaient l’écriture hiéroglyphe « Medou-netjer » qui signifie « parole divine» soit, en translittération, mdw nṯr. L’appellation hiéroglyphe dérive du grec  hieroglúphos, formé lui-même à partir de ἱερός / hierós « sacré » et glúphein « graver ». Le hiéroglyphe a été inventé plus de 3000 ans avant J-C.  Dans l’hiéroglyphe il y a 3 sortes de signes: les pictogrammes, les phonogrammes et les déterminatifs.

L’Egypte antique a été inspirée par le Tout puissant pour inventer  l’écriture hiéroglyphe, car Dieu lui-même est l’Ecriture comme l’apôtre Paul le déclare dans son épître aux Romains: « Car l'Ecriture dit à Pharaon: Je t'ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre » (Romains 9,17). L’écriture en soit, est un moyen de communication qui représente le langage à travers l'inscription de signes sur des supports variés. Bibliquement parlant, l’écriture est « la Parole qui a été faite chair » (Jean 1,14). Pour les chrétiens, le sang de Jésus-Christ versé sur la croix est une encre intarissable pour écrire la Parole de Dieu, le Tout Puissant. Mais, nous constatons fort malheureusement que la Bible n’a pas mentionné l’apport de l’écriture et de la mathématique africaine dans l’instruction des Israélites.

L’écriture de la Genèse de la Bible

Et si le récit biblique sur  le séjour des descendants d’Abraham en Egypte antique est réel, on pourrait donc croire que le Dieu d’Israël avait utilisé l’écriture égyptienne pour rédiger les dix commandements qu’Il a transmis à Moïse. N’est-ce pasla même écriture que Moïse avait utilisée pour la rédaction des livres du Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome) ?

Au regard des versets biblique ci-évoqués, l’écriture « Medou-netier » a été utilisée lors de la rédaction d’une grande partie des écrits  de la Bible, le livre sacré des chrétiens. Il faut préciser que les récits de la Bible n’ont pas été écrits par les Africains.  Et pourtant,  la Bible  affirme que les Israelites ont fait 430 ans en Egypte  (Exode 12:41). Les douze fils de Jacob, un des ancêtres des Hébreux, avaient immigré en Egypte quand ils y suivirent leur frère Joseph, qui était établi par le Pharaon sur « tout le pays d’Egypte » (Genèse 41 : 38-44). Et après plusieurs années, ces Hébreux  furent devenus esclaves en Egypte.  Pendant ce moment, les Israelites ont appris la sagesse de l’Egypte (Actes 7, 22 : Moïse fut instruit dans toute la sagesse ou science des Egyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres...).

 

Bible

Qui dit sagesse, dit aussi maitrise de l’écriture, de la science, de la mathématique et de la civilisation. Qui plus est, il faut se demander si combien de générations peuvent se succéder pendant 430 ans ? Car, des sociologues soutiennent que la durée d’une génération varie entre 20 et 25 ans. Nous estimons que si les Britanniques, les Français, les Espagnols et les Portugais ont, lors de leur colonisation de près de deux siècles en Afrique, pu changer le comportement des Africains et imposer leurs langues que les Africains parlent jusqu’aujourd’hui, les Egyptiens auraient fait autant quand les Hébreux étaient esclaves pendant 430 ans (4 siècles, équivalant à 17 générations) en Egypte.

Après avoir longuement étudié la Bible, Jean-François Champollion, qui a planché sur cette problématique, s’exprime en ces termes : « Les Juifs ignorants et superstitieux veulent soutenir que le bon père Abraham et les prêtres hébreux ont appris les quatre règles de l’arithmétique et tous les arts aux Égyptiens».  Mais, cet expert reconnaît  les valeurs traditionnelles de l’Egypte antique.

Bien que certains experts affirment qu’« après d’âpres discussions, les rabbins originaires de la Mésopotamie avaient laissé entendre que la Torah transmise à Moïse sur le mont Sinaï était rédigée en écriture judéenne », d’après nos recherches, nous ne pensons qu’il existait en Egypte antique une autre écriture que les israélites utilisaient à part  Medou-netjer. Il sied de rappeler que l’écriture grecque a été créée depuis 2000 ans avant J-C.

Cette pensée d’ignorer l’Afrique a été créée en toutes pièces, souligne le chercheur congolais Jean-Raoul Lumpungu « Et pourtant, l’histoire de l’Afrique existe, seulement, elle a été effacée. Hubert Deschamps fait remarquer l’effacement de l’histoire de l’Afrique dans son ouvrage Histoire Générale de l’Afrique Noire en ces termes : « au temps de Bossuet, on limitât l’Histoire Universelle à Israël, aux Gréco-Romains, et à l’Europe policée, c’était la norme».

Pour rappel, l’écriture hiéroglyphe a apparu à la fin du IVe millénaire avant Jésus-Christ en Haute-Égypte. Elle est utilisée jusqu’à l'époque romaine, soit pendant plus de trois mille ans. La connaissance de l’hiéroglyphe se perd avec la fermeture des lieux de culte dits « païens » par l’empereur Théodose Ier vers 380 après Jésus-Christ. Des chercheurs déclarent que l’hiéroglyphe aurait été décodé par Ibn Wahshiyya vers le IXe siècle, des Européens s'y sont aventurés au début du XIXe siècle (Johan David Åkerblad, Thomas Young), avec des succès incertains, mais il faudra, après la découverte de la pierre de Rosette, le génie de Jean-François Champollion pour briser, après quatorze siècles, ce qui paraissait être « un sceau mis sur les lèvres du désert ».

Ce ne sont pas les Africains qui ont écrit l’histoire de l’humanité et de la Bible. Mais, il s’emble que ce sont plutôt les Occidentaux. Et dans leurs écrits, les Occidentaux considèrent l’Afrique comme le berceau de l’humanité. Ils donnent diverses significations à l’humanité dont ils parlent: humanité, est à la fois l'ensemble des individus appartenant à l'espèce humaine mais aussi les caractéristiques particulières qui définissent l'appartenance à cet ensemble. Elle réunit aussi certains traits de personnalité d'un individu qui, par exemple, amplifient les qualités ou les valeurs considérées comme essentielles à l'humain, telles que la bonté, la générosité. Mais l’Afrique est-elle dans quelle humanité ? Je pense toutes les deux : apparition  de l’homme sur la terre et la solidarité humaine (Cfr. Le récit de Joseph de la Bible dans le livre de Genèse). Les Occidentaux affirment que les ossements  du premier homme  ont été découverts en Afrique, mais, cet homme tire son origine du singe, c’est-à-dire, l’homme avec un petit cerveau (moins intelligent).

Mais, c’est cet homme considéré comme le moins intelligent qui a inventé l’écriture, la science, la mathématique, a nourri le monde et a transmis aux autres races humaines ses connaissances. Paradoxalement, les Occidentaux nient cette évidence! « Il faut savoir qu’à partir d’une écriture on  peut écrire des millions des langues mais toutes les langues n’ont pas d’écriture ».

En effet, ce sont les Africains qui ont créé la première et la meilleure université au monde.  Il y a environ 800 ans au Mali, précisément à Tombouctou, une des anciennes villes de l’Afrique de l’Ouest, beaucoup plus connue à partir de ses ressources, notamment l’or, l’ivoire, le sel et de sa culture passionnante. Cette première université était connue sous le nom de « l’université de Sankoré ». Elle fut créée sous les ordres de Mansa Musa, l’homme le plus riche du monde. De petits groupes de savants, hommes et femmes de cette culture, qui formaient cette université, partageaient leurs connaissances  au monde et échangeaient  les expériences avec les autres. Ainsi, cette université grandit rapidement à telle enseigne qu’elle comptait 25 000 étudiants.

Afrique, le berceau de la mathématique

  Outre l’écriture, les Africains ont inventé la mathématique. Celle-ci a été appliquée par les os d'Ishango, également appelés bâtons d'Ishango. Selon le Prof. Vladmir Plester, Ir. Mécanicien et docteur en sciences physiques de l’université catholique de Louvain en Belgique, « Le bâton d’Ishango est le berceau de l’humanité des opérations mathématiques». Il l’avait fait savoir au cours d’une conférence scientifique à l’ULPGL-Goma, sur le thème « L’odyssée du bâton d’Ishango d’Afrique centrale à l’espace. »

 

 

Os Ishango

Dans une étude que l’Institut de recherche en sciences naturelles de Bruxelles a menée en 1956, il ressort que l’os d’Ishango est incurvé avec des entailles disposées régulièrement dont l’interprétation correspond à des bases qui donnent un sens à des opérations de la mathématique moderne.

Les os d'Ishango sont des artéfacts archéologiques découverts au Congo belge et datés d’environ 20 000 ans. Selon certains auteurs, il pourrait s'agir de la plus ancienne attestation de la pratique de l'arithmétique dans l'histoire de l'humanité. On les a considérés d'abord comme des bâtons de comptage mais certains scientifiques estiment qu'il s'agirait d'une compréhension bien plus avancée que le simple comptage. Cette thèse est rejetée par d'autres scientifiques. C’est vers les années 1950 que le géologue belge, Jean de Heinzelin de Braucourt, avait découvert ces ossements dans les couches de cendres volcaniques au bord du lac Édouard dans la région d'Ishango, au Congo belge.

On estima d'abord qu'il s'agissait d'os datant de 9 000 à 6 500 ans av. J.-C., mais une datation du site où ils furent découverts porta leur création à quelques 20 000 ans. Aujourd’hui, ces ossements sont exposés de façon permanente au Muséum des sciences naturelles de Belgique à Bruxelles. L’os d’Ishango est symbolisé par « le bâton d’Ishango ». Il s’agit des artéfacts archéologiques découverts à IShango en 1950. L’os d’Ishango serait donc le plus ancien outil qui fait forme des opérations mathématiques utilisées dans les sciences modernes.

Datant de plus de 20.000 ans, il comporte plusieurs incisions organisées en colonne. Pour les scientifiques, à l’Instar de Raïssa Malu Directrice d’Investing In people, il s’agit là d’un vestige  précieux de l’histoire des mathématiques. « C’est la preuve la plus ancienne de l’utilisation de la mathématique de l’humanité qu’on n’a pas découvert ailleurs », a précisé Raïssa Malu.

Il convient d’expliciter que la primauté d’invention entre l’écriture et la mathématique, au regard des connaissances psychologies, c’est la mathématique qui a été inventée avant l’écriture hiéroglyphe. Car, l’homme nait avec l’esprit mathématique que l’esprit littéraire. Pour bien maitriser cette notion, il faut observer tout ce qu’une créature ou un être humain fait : du fœtus à l’homme normal, tous nous agissons par rapport à nos besoins cela pour chercher l’équilibre. Si on a  faim, cela veut dire qu’on a un déséquilibre dans son corps. Ainsi, pour être équilibré, on doit manger.

D’après la loi de l'homéostasie (psychologie) de Claude Bernard (1865), dans son existence, l’homme est toujours à la recherche de l’équilibre. Il convient de rappeler que l’équilibre c’est «égal » ou encore la « balance, poids » en science physique.

Delphin Bateko Moyikoli