Le monde numérique est venu bousculer l’intelligence humaine. Tout le monde veut prouver son intelligence. Soit en inventant des objets (robot, véhicule, logiciel…), soit en produisant des réflexions ou des livres. Ce monde a mis les données de recherche à la portée de tout le monde. Et l’échange entre les êtres humains est devenu très facile. Il suffit d’être connecté.

Delphin Bateko Moyikoli (delphinbateko@yahoo.fr)          

Hier, la pensée de l’Homme était dirigée vers le support papier. Ce qui a fait que le souhait de tout le monde ait été de laisser sa pensée sur un support papier. Mais, aujourd’hui, avec l’avènement du numérique, la pensée tend vers le support numérique pour une large diffusion de ses innovations. Et le monde balance entre le support lourd (papier) et le support  léger (électronique).

Hormis les inventions du monde technique, les Sciences de l’information et de la communication (SIC) sont le secteur le plus avancé dans les innovations. En effet, dans son mémoire pour l’obtention du Diplôme universitaire de recherche (DUR) obtenu en 1999 et intitulé ‘‘L'utilisation d'Internet dans la presse écrite francophone africaine : le cas du Burkina Faso ’’, le Burkinabè Cyriaque Paré souligne que « la mutation dans la pratique du métier de journaliste intéressera toutes les étapes : de la collecte à la diffusion de l'information en passant par son traitement. Et concerne tous les médias, que ce soit l'audiovisuel ou la presse écrite. Une certaine opinion ne veut que l'avenir de la presse écrite soit sur Internet au risque de dépérir et disparaître. »

RDC : la mise en ligne des informations en marche

Des Congolais s’intéressent de plus en plus à la mise en ligne des informations. Cela se remarque par le nombre de sites web et les blogs créés par les initiatives de leurs compatriotes.   

Ces outils bougent le monde parfois par l’originalité et la promptitude des informations. Sans oublier les informations spécialisées dans les domaines économiques, politique, de la documentation, d’archives et de la bibliologie.

Malgré la volonté de ceux qui s’intéressent à ce monde en République démocratique du Congo, ils sont bloqués, faute d’une bonne connexion à l’Internet. Parmi ces domaines des SIC en mutation, il y a les mondes du Journalisme, de l’Édition, de la Bibliothèque, de la Documentation et des Archives qui, ces derniers temps, sont entrés dans le monde numérique.

Le journalisme, la communication, la bibliothéconomie,  voire même l’édition, sont des sciences de l’opinion du fait qu’elles jouent le rôle de modeler et d’orienter l’opinion. Les sciences de l’opinion sont des disciplines qui s’occupent de la gestion de l’intelligence du public. C’est pour cette raison que Jean-Jacques Kande D’Zambulaté, dans unes de ses réflexions publié au  journal Le Phare en 2003, soutenait que « la presse constitue donc, si elle est bien faite et parfaitement organisée, un pouvoir parmi d’autres pouvoirs qu’elle peut à loisir bousculer ou basculer ; elle peut même créer mais aussi anéantir incube et succube. C’est ainsi qu’elle est considéré, au regard de ceux qui ne réussissent pas à l’amadouer ou qui ne parviennent pas à l’asservir, comme un élément dangereux à surveiller de près ».

Il convient de signaler que même les médias en ligne sont concernés pour cette formation de la gestion de l’opinion. Car, sur l’Internet, comme nous interpelle Michel Cartier dans une de ses réflexions, «  l’un des principaux problèmes suscités par les inforoutes est causé par la circulation de trop d’informations sans tri ni synthèse, de la désinformation et nombreuses informations non validées». D’où l’homme des Sic est obligé de savoir ce qu’il peut donner au public et ce qui ne peut pas.

Du journalisme vers le numérique

Aujourd'hui, l'Internet vient de mettre sur pied un nouveau mode de diffusion qui permet à la presse de se rapprocher de plus en plus de son public et surtout de faire la large diffusion des informations. Ce mode de diffusion est connu sous le nom de journal en ligne ou journal électronique ou encore press on line

Un journal en ligne, journal électronique, ou encore e-journal est un journal publié sur Internet. Dans l’esprit de l’invention du journal en ligne, il était question de faire une large diffusion des informations publiées dans la presse papier. Car la première version en ligne est celle de la version l’électronique ou la version papier. C’est cette version qui est exportée en PDF. C’est seulement après qu’un autre style d’écriture journalistique va voir le jour. Il s’agit de la version exclusivement en ligne ou version exclusivement électronique. 

Cette version a un style international. C’est-à-dire que, pour des raisons de précisions, elle utilise les points cardinaux (Nord, Sud, Est et Ouest) et les localisations géographiques (kilomètres) pour faciliter la compréhension de ceux qui ne connaissent pas le lieu où se déroule l’événement. Mais, bien avant cette démarche en ligne, d’autres médias prenaient des abonnements électroniques pour leurs abonnées à l’aide de CD. Par exemple, Le Monde diplomatique.

Dans le journal en ligne, l’émulation et la promptitude sont plus recommandées que dans le journalisme classique. De grâce, aujourd’hui, la formation supérieure a pris en compte la formation sur les NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication). À l’Université de Kinshasa (UNIKIN), IFASIC, UPN, UCC, BELCAMPUS… des cours liés aux NTIC ou aux multimédias sont dispensés pour mettre les étudiants à la page.

Multimédias, depuis nos formations universitaires, le concept multimédia a été défini comme l’ensemble de sons, d’images et de textes. Vue l’évolution en vitesse des sciences, il est souhaitable de le considérer aujourd’hui comme une discipline scientifique qui étudie les sorte de langages, d’écritures, de supports et de logiciels appropriés pour chaque type de média.

Pour rappel, c’est en 1951 que la poste britannique avait commencé à travailler sur un service d’informations électroniques connu sous le nom de Prestel. Celui-ci fournissait des informations et  renseignements électroniques, de même que des services comme la banque à domicile ou la réservation de billets d’avion, tous reliés à des terminaux spéciaux. En 1972, la France donnera un nouveau souffle au projet du journal en ligne (électronique) dénommé Minitel. La première expérience du journal électronique véritable est celle du quotidien américain San José Mercury News qui a lancé en 1993 une version électronique, Le Mercury center.

En RDC, la mise en ligne a commencé vers fin 1999 et début 2000. Au début, la version utilisée était la version papier. Parmi les pionniers : les Journaux Le Potentiel, L’Avenir (Groupe l’Avenir) et Le Phare. Mais bien avant cette époque, ces sont les Américains qui publiaient les informations des médias africains dans leurs sites web car ces derniers n’avaient pas de site web. La version exclusivement en ligne n’a commencé en RDC qu’après 2002. Parmi les pionniers, radiookapi.net, monuc.org.

Pour le moment, les Congolais ont emboité le pas en créant des sites web avec la version exclusivement en ligne. Il s’agit de 7sur7, Congo24, Digitalcongo, Direct, Infobascongo, Kasaï Direct,  MédiaCongo, Radiookapi.net, RDC.news, The Voice of Congo, WebInfos, Times.cd, congoreformes.com., kinshasatimes, 243rdc, zoomeco, actualité.cd, depeche.cd, pour ne citer que ceux-ci, et certains blogs pour des informations spécialisées en documentation, NTIC et SIC. Par exemple : www.archivistebateko.canalblog.com...

Il faut savoir que le journalisme fonctionne dans le principe  magnétophonologique. Ce principe stipule qu’un dictaphone ne produit que le son qu’il a enregistré. De même avec le journaliste classique qui ne produit ou diffuse que le fait vécu en se basant sur les six questions fondamentales. Et l’angle d’une information en journalisme dépend d’un journaliste à un autre.

Télévision numérique terrestre

 La RDC est en retard dans le monde numérique par rapport à d’autres pays. Preuve : même le câble optique n’est pas encore installé. À présent, les chaînes de télévision congolaises intègrent peu à peu le monde numérique. Mais les images des télévisions locales en analogique, transmises par télédistribution, ne sont pas numériques mais entrent plutôt dans le cadre de faux numériques. 2020 est le grand rendez-vous pour l’ensemble de pays d’Afrique de franchir le Rubicon de la Télévision numérique terrestre (TNT).

Dans la TNT, le métier du journalisme ne change pas forcément. Seulement, l’émulation et la promptitude sont plus recommandées que dans les medias classiques. Mais c’est plus l’aspect technique qui change. A titre d’exemple : le support de transmission analogique est différent de celui numérique. Le câble en analogique est double : un fil pour le son et l’autre pour l’image ; tandis que le câble numérique est doté d’un seul fil mais transmet le son et l’image au même moment.

Il convient de signaler que la Télévision numérique terrestre est une évolution technique en matière de télédiffusion, fondée sur la diffusion des signaux de télévision numérique par un réseau de réémetteurs hertziens terrestres. Par rapport à la télévision analogique terrestre à laquelle elle se substitue, la TNT permet de réduire l'occupation du spectre électromagnétique grâce à l'utilisation de modulations plus efficaces, d'obtenir une meilleure qualité d'image ainsi que de réduire les coûts d'exploitation pour la diffusion et la transmission, une fois les coûts de mise à niveau amortis.

Il existe deux types de télévision numérique : la télévision de production et programmation, et la télévision de programmation. 

Monde de documentation

Aujourd’hui, il existe la possibilité de lire les livres à distance « télé-lecture » (la lecture à distance d’un document électronique à l’aide de l’Internet) ou lecture en ligne  et de vendre à distance ou en ligne grâce à la présence de NTIC. Dans certains coins du monde, les lecteurs préfèrent la bibliothèque virtuelle ou la « télé-bibliothèque» (consultation de bibliothèque à distance au moyen de l’Internet) que la lecture à la bibliothèque classique.

À Kinshasa, il n’existe pas une bibliothèque virtuelle congolaise, mais des bibliothèques informatisées. Mais il faut signaler que l’avènement des NTIC a permis aux documentalistes de faire les panoramas de presse en ligne et d’échanger avec les centres de documentation de mêmes systèmes.

En ce qui concerne l’édition des livres en ligne, elle a été crée en juillet 1971 par Michael Hart qui a lancé le Projet Gutenberg pour éditer le livre numérique ou le livre électronique.

Les archives virtuelles

Par souci d’accéder facilement aux archives, de longtemps conserver les archives et de libérer certains espaces pour d’autres fins, les archives sont désormais conservées dans des mémoires virtuelles. Elles sont connues par le nom des archives virtuelles. Le concept «archivesvirtuelles» offre, dans ce cadre, deux modèles opposés : les archives renoncent à prendre en charge physiquement les documents électroniques ; elles obligent, en revanche, les propriétaires de systèmes à les conserver durant tout leur cycle de vie. Du côté des archives, la tâche demeure de fixer la durée du cycle de vie des documents et d’assurer un libre accès aux archives.

Actuellement, le monde des archives hésite. Il est trop timide car les archives sont un monde de confidences et il y a nécessité de la mise en place d’une loi autorisant la numérisation des archives pour éviter l’accessibilité au public non autorisé à certains secrets d’État ainsi que la détermination de type de document à numériser.