Les journalistes de médias audiovisuels de deux Congo (Brazzaville et Kinshasa) viennent d’être formés pour la mutation vers le monde numérique et l’augmentation du chiffre d’affaires de leurs entreprises.

Delphin Bateko[1] (Radio 7) (delphinbateko@yahoo.fr)

Les médias audiovisuels de la République du Congo et ceux de la République démocratique du Congo (RDC) viennent de bénéficier, du 7 au 9 juillet 2019, d’une formation sur le numérique autour du thème « Tendances digitales des dirigeants des médias ». Formation organisée par l'Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM), anciennement connue sous le nom de Conseil des gouverneurs de la radiodiffusion (BBG), par le truchement de la Voix de l’Amérique (en Anglais, Vox of America-VOA). Le souci primordial des organisateurs pour ces assises a été, entre autres, de permettre les représentants des radios locales d’entrer dans le monde numérique. Il a été surtout question de connecter les radios de ces deux pays au numérique en créant de postcast afin de le soumettre à un site web approprié. Cadre : l’hôtel Pullman de Kinshasa dans la commune de la Gombe.

Journaliste

Les journalistes pendant la formation au salon Lubumbashi du Grand Hôtel de Kinshasa

Des journalistes venus du Congo-Brazzaville et de la RDC (Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi, Likasi, Kamina, Beni, Butembo, Kanyabayonga, Goma, Bandundu-ville, Kikwit et Bukavu) ont été les bénéficiaires de cette formation sur le numérique dans le monde de la radiophonique. Ont assuré la formation théorique et pratique MM. Guy Muyembe et Trésor Dieudonné Kalonji, respectivement responsable de la coordination nationale de media en ligne Habari et responsable de marketing réseaux sociaux de la Radio Netherland.

Faire  les affaires avec la Radio numérique  

Dans leurs exposés, les formateurs ont planché sur la création d’un postcast à soumettre dans un site web approprié avec le style d’écriture Réseaux sociaux, le management et le marketing d’un site web d’une radio numérique. Sans oublier l’apport financier d’une radio numérique bien faite à l’ère actuelle.

Les deux animateurs ont reconnu que l’avènement de l’Internet a donné naissance à deux types de Radio, à savoir celles en ligne et numérique. Cette dernière, ont-ils fait valoir, a été à la base de ce séminaire de formation. Ils ont indiqué que beaucoup de changements sont intervenu dans le monde de médias depuis la naissance du numérique. Il s’agit notamment de ceux liés à la promptitude de diffuser une information, à la vitesse de l’information, au traitement de l’information et à l’écriture journalistique.

Ils ont aussi fait savoir que, pour augmenter son chiffre d’affaires, un média numérique est obligé de recourir au type d’écriture dit des réseaux sociaux en se baser que sur les informations qui répondent aux attentes de sa cible. Et cela n’est possible que grâce au nouveau type de secrétaire de rédaction, communément appelé community manager, ont fait remarquer les deux formateurs.

Donnant plus de précisions, ils ont indiqué que, dans le processus de production de l’information, le community manager a pour rôle de réécrire l’article afin de répondre aux attentes du public cible. Son travail repose sur le SMART (Spécifique, mesurable, atteignable, réalisable et temporellement). 

Mike et journalistes

Ambassadeur Mike Hammer des Etats-Unis d'Amérique en RDC  avec des journalistes congolais(Photo Ambassadeur USA) 

Du point des Sciences de l’information et de la communication (SIC), cette formation a cadré avec la communication des entreprises. Ce type de communication n’est pas simplement pour vendre l’image d’une organisation ou d’une structure. Mais elle est plus pour la mise en place des mécanismes liés à l’augmentation du chiffre d’affaires d’une entreprise.

Mais en RDC, deux obstacles majeurs peuvent créer des barrières au passage des médias classiques au numérique. Il est question de la non-connexion à la fibre optique qui occasionne la mauvaise qualité de la  connexion à l’Internet ainsi que de la mauvaise qualité du courant électrique due aux délestages et coupures intempestives du courant électrique fourni par la Société nationale d’électricité (SNEL).

La liberté de presse effective pour accompagner la démocratie, vœu de Mike Hammer

À signaler que la deuxième journée a connu la participation de l’ambassadeur américain en RDC, Mike Hammer qui s’est exprimé correctement en Français. Celui-ci a échangé avec les participants sur ‘‘les relations actuelles entre son pays et la RDC, surtout le soutien que les États-Unis apportent au président Félix-Antoine Tshisekedi. Car il s’agit d’imprimer une autre image de la démocratie.

Le souhait du diplomate américain est de voir la liberté de presse être effective en RDC pour accompagner la démocratie. Car, soutient-il, « la presse est un outil important pour lutter contre les antivaleurs (Corruption, impunité, détournement de fonds…) et pour informer  l’opinion sur l’état d’une nation ».

Ambassadeur des USA

Ambassadeur Mike Hammer lors de sa confère avec les journalistes

En outre, Mike Hammer a confirmé le soutien des États-Unis d’Amérique à l’Institut national des archives nationales du Congo (INARCO). Là, une proposition a été faite à l’ambassadeur d’aller plus loin avec les archives, de prévoir des séries de formation en RDC à l’attention des propriétaires de médias sur la gestion, la conservation et l’apport des archives de médias en République démocratique du Congo. Car la gestion des archives dans les médias congolais pose problème depuis de décennies. Les archives de médias permettent aux journalistes d’enrichir, de faire les backgrounds et aident les chercheurs lors l’élaboration de certains sujets liés à l’actualité récente que les livres n’ont pas encore traité.  

Lors de jeux questions-réponses, un représentant de media de Kinshasa a remercié l’ambassadeur américain pour son implication dans l’étouffement de la guerre qui allait s’éclater pendant la période électorale à Kinshasa. Pour ce journaliste, sa famille et lui pensaient  qu’ils allaient mourir si la guerre avait eu lieu à Kinshasa. En effet, la joie était totale puisque la capitale congolaise n’a pas connu la guerre après la publication des résultats de la présidentielle et des législatives.

   L’attachement de l’ambassadeur d’Amérique en RDC à la presse se justifie par le fait qu’il a travaillé à la Maison Blanche en tant qu’assistant spécial du président des États-Unis et directeur principal de la presse et de la communication avant de venir travailler en RDC.

L’ambassadeur Hammer a quitté la salle Lubumbashi du Grand Hôtel après des photos de souvenir prises par des photographes, des journalistes ainsi que lui-même. Qui en quelques minutes, l’ambassadeur les a publié sur son compte Twiter.

Le dernier jour a été consacré à la conciliation de la formation théorique à la pratique. Cette pratique est allée plus de la prise de vue à la diffusion en passant par le traitement par des logiciels appropriés.  

À noter que ces assises de Kinshasa ont été organisées sous la supervision des Mmes Joyce Ngoh, Chouchou Kahowa et de M. Japhet Koome Inyingi, respectivement directrice régionale de la VOA en Afrique,  représentante régionale de la VOA en République démocratique du Congo et représentant régional de la VOA basé au Kenya.



[1] Delphin Bateko Moyikoli est Chercheur Congolais en (SIC) Sciences de l’information et Communication (Journalisme, Communication, Numérique, Archives, Bibliologie, Bibliothéconomie, Documentation et  NTIC(Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication.  Animateur du blog: http://archivistebateko.canalblog.com/ DRC-Kinshasa.