Delphin Bateko Moyikoli[1] (delphinbateko@yahoo.fr)

Toutes les inventions qui nous impressionnent  aujourd’hui à travers le  monde passent  de la fiction à la réalité. La majorité des inventions viennent des connaissances inspirées ou révélées. Mais pour y parvenir, cela n’est possible que si l’on maitrise le schéma pré-tracé  entre la science des connaissances (Bibliologie) et la science appliquée des connaissances (Bibliodrame).  

        La bibliologie  et le bibliodrame sont des disciplines scientifiques axées sur le livre (écrit) ou encore message. Schématiquement parlant, dans la bibliologie, il y a d’abord l’inspiration ou le fait vécu, ensuite la conservation de l’inspiration sur un support (écrit ou texte) et enfin l’exploitation du texte. Le bibliodrame sert, quant à lui, à pénétrer  l’écrit (texte) pour le rendre matériel ou physique.En définitive, la bibliologie cherche à comprendre le message d’un écrit tandis que le bibliodrame s’efforce à appliquer le message transmis par un texte. Cependant, il convient de noter que le bibliodrame est la mise en scène de la bibliologie.

 Les champs d’application de ces deux branches scientifiques sont des bureaux d’études ; des institutions spécialisées (Service de renseignement et d’intelligence ; le Parlement ; la Présidence de la République ; l’armée…) ; des personnes averties…

Bibliologie

                 Etymologiquement, le concept bibliologie est composé de deux mots, à savoir « biblio » (en grec), qui signifie livre et, en français, « logie » ou « logos », étude (en grec). Partant de cette explication, les bibliologues considèrent que la bibliologie est la science du livre, branche du savoir qui s’occupe du livre comme objet culturel, de son histoire, de sa fonction sociale.

                 La bibliologie est une discipline qui étudie le comportement et la pensée de l’écrit. Elle est aussi comprise comme un domaine scientifique qui étudie l’esprit et la lettre de l’écrit. Pour une compréhension scientifique, le professeur français Robert Estivals considère la «Bibliologie comme la  science des sciences qui permet d’atteindre les autres connaissances, puisque l’écrit est la mémoire de l’humanité».

Avec les avancées de la science à travers le monde, il est souhaitable qu’aujourd’hui, la bibliologie soit définie comme état « science des connaissances cela par sa pluridisciplinarité », comme  le souligne le bibliologue congolais, le professeur Bob Bobutaka ; et par sa capacité de pénétrer, décortiquer, comprendre, interpréter ou d’expliquer et surtout de résumer d’autres disciplines scientifiques.

 L’objet principal de la bibliologie repose  sur l’écrit dans toutes ses dimensions et  ses formes : l’écrit (pensée posée sur un support) et l’oralité  (pensée non posée sur un support). Car l’esprit de l’écrit marche toujours avec l’oralité. C’est comme on dit en psychologie, la pensée précède la parole. Il est impossible d’écrire un texte sans que la pensée parle en intérieure. Autant dire que l’écrit est l’oralité en chaire.

Il faut souligner que le rôle d’écrire est de conserver la pensée ou l’oralité. Mais, le rôle de la mathématique ou de l’arithmétique est de résoudre les problèmes au sein d’une  société.           

Au regard de ce qui précède, j’estime qu’on doit faire naître une impression selon laquelle la bibliologie a double dimension : la bibliologie légère et la bibliologie lourde. La bibliologie légère est liée à l’exploitation en diagonale de document. Nous pouvons citer, par exemple, l’opération de l’indexation et de la cotation. Tandis que la bibliologie lourde est liée à l’exploitation approfondie du texte après avoir sélectionné les mots matières ou mots clés ou encore l’indexation. Elle est liée au résumé des documents.  

Bibliodrame

                 Le bibliodrame est plus utilisé dans l’enseignement religieux afin de pratiquer des écrits bibliques. Le révérend père Thomas Heck, de nationalité allemande, de la congrégation des missionnaires du Verbe Divin (SVD) explique que le terme bibliodrame  se compose des deux mots : biblion (grec : livre, ici : la bible) et drame (grec : action, processus). Il est formé en analogie avec le mot  psychodrame et apparait dans la littérature dans l’année 1967. Ainsi, le bibliodrame est désigné comme une méthode qui cherche à explorer des textes bibliques dans l’action. Le bibliodrame peut être décrit comme ayant pour objectif l’approfondissement de l’expérience de soi et de l’Ecriture.

Bibliologie vers  le bibliodrame

Il est difficile aujourd’hui qu’on arrive à appliquer ou assimiler un message ou un texte sans comprendre son contenu. Car un texte commence par une inspiration  ou un fait vécu, et enfin la rédaction ou la matérialisation de l’inspiration. De même que le monde actuel ne peut plus inventer la roue, l’inspiration ne peut venir que de quelque part. Elle peut être divine ou inspirée d’une situation vécue ou encore après la lecture d’un document (écrit, livre, périodique…).

L’exploitation du message en suivant le modèle du bibliodrame  se diffère  de celle du journalisme. Le  journalisme fonctionne dans le principe  magnétophonologique. Ce principe stipule qu’un dictaphone ne produit que le son qu’il a enregistré. De même avec le journaliste classique qui ne produit ou diffuse généralement que le fait vécu en se basant sur les six questions fondamentales.

Il convient d’ajouter qu’une rédaction d’une entreprise de presse fonctionne avec trois types d’écriture : la première est celle dite écriture administrative. Elle est liée au communiqué à afficher;  la deuxième  est écriture du conseil ou conférence de rédaction  utilisée pour la rédaction  de conducteur ou chemin de fer ; et  la troisième écriture  journalistique est celle utilisée par les journalistes pour rédiger les articles de presse.

La finalité de la démarche de la bibliologie au bibliodrame consiste d’abord à faire revivre au lecteur ou au chercheur la vraie pensée de l’auteur, ensuite à lui permettre de faire la confrontation entre la pensée de l’autre et son intelligence, et enfin l’assimilation ou l’application de la pensée de l’autre par le chercheur. Le but de ce mariage est, soit de rédiger un nouveau document à partir des idées (connaissance) de l’autre ou mettre en place une invention ou encore trouver une solution à un problème dans la société.    

Après une longue observation expérimentale sur la trajectoire qui est formée de l’inspiration du message à la lecture ou la recherche de la pénétration d’une pensée de l’autre en passant par la rédaction du message, il ressort qu’elle est zigzag ou sous forme de la ligné brisée. Cette trajectoire se présente de la manière suivante : l’inspiration  et la lecture sont positionnées en haut (sommet) tandis que la rédaction ou l’écriture sur un support est en bas ou dans la vallée entre deux sommités (inspiration et l’écriture).

Il faut signaler ici que la majorité des disciplines des Sciences de l’information et de la communication (SIC) fonctionnement dans ce schéma.   

Type de documents

Dans la classification managériale des documents, il existe quatre types de documents par rapport à leur poids (physique des documents) : poids mouche, coq, léger et lourd et deux types de contenu des documents : documents à l’écriture voilée et à l’écriture non-voilée.

Du point de vue poids de documents, les affiches et les tracts sont classés dans les documents mouches, car ils ont un poids très faible et sont accessibles à tout public. Le journal ou le quotidien est dans les supports coqs. Cette considération est due au poids du papier des journaux. Son information est facile à comprendre par rapport à d’autres supports d’informations.

Pour le support léger, on peut classer le magazine et la revue. Leur  lecture et leur compréhension sont souvent réservées aux  spécialistes. Les livres sont, quant à eux, classés dans le support lourd.

S’agissant de types de contenu des documents, ils sont regroupés en deux types d’écriture : voilée et non-voilée. L’écriture voilée est celle dont la lecture n’a pas de limites ou celle qui est réservée au public. On la retrouve dans les publications en série (journal, magazine, revue) et les livres. L’accès à cette écriture est libre à tout le monde.

L’écriture non-voilée est, quant à elle, celle qui touche le monde des archives et certains rapports confidentiels. L’accessibilité de ces genres des documents est conditionnée par des textes réglementaires qui définissent leur délai de communicabilité et d’accessibilité. Leur caractéristique est secrète et réservé aux initiés.

Théories scientifiques appliquées

Une théorie est l’ensemble d’idées, d’opinion sur un sujet particulier. Elle peut encore être considérée comme une connaissance abstraite, spéculative,  ou simplement une modélisation de la pensée humaine.

La théorie de la ligne brisée ou théorie de Zigzag stipule que l’importance des archives est illimitée dans la vie d’une organisation. On crée les archives, on les utilise et on les enterre. Mais après, on les ressuscite pour une intervention éventuelle.

Cette théorie ne s’appuie pas seulement sur les archives mais bien au contraire sur toutes les disciplines des Sciences de l’Information et de la Communication (SIC), car le schéma de la rédaction d’un livre repose sur le zigzag comme nous l’avons dit précédemment.  Cette théorie est comparable au mode de fonctionnement du  coefficient de restitution d’Isaac Newton.

S’agissant de la théorie de relation rotative, elle traite les entraides entre les domaines des Sciences de l’Information et de la Communication pour atteindre une évolution. Dans l’évolution d’un domaine, l’apport des autres disciplines est nécessaire et obligatoire. On peut constater cette contribution lors de la rédaction d’une information par un journaliste. Les données produites par ce dernier comme information, viennent toujours d’une source. Cette source peut être orale, écrite ou encore virtuelle, mais après la publication, l’information devient un support ou une référence pour un autre domaine (Bibliothèque, centre/service de Documentation, Dépôt/service d’archives, communication, bibliologie, etc.).

La relation rotative des informations permet à une unité documentaire d’augmenter et d’actualiser son fonds documentaire d’une part et incite les écrivains à produire plus si seulement si, il a accès aux données souhaitées d’autre part. La relation rotative en des Sciences de l’Information et de la Communication (SIC)  est considérée aussi comme une opération « gagnant-gagnant » ou la relation « donnant-donnant » entre les écrivains ou journalistes et les unités documentaires par rapport à échange qui s’effectue entre deux institutions.

En ce qui concerne la théorie de la perpendicularité. Cette théorie  stipule que tous les domaines de la vie quotidienne reposent sur la documentation (archives, documentation et livre). Cette relation est perpendiculaire dans le sens que la documentation est la base où repose un pilier appelé les domaines scientifiques.

 

Lisez : Losange est la figure de la conception de notre univers : http://archivistebateko.canalblog.com/archives/2017/08/22/35609721.html,

Recherche scientifique : les noirs ne sont pas enseignés par la nature : http://archivistebateko.canalblog.com/archives/2018/04/10/36309435.html,

Sciences physiques, socle des sciences sociales et des sciences de l’information et de la communication(SIC) :  http://archivistebateko.canalblog.com/archives/2018/11/02/36835656.html,

 



[1] Delphin Bateko Moyikoli est Chercheur Congolais en (SIC) Sciences de l’information et Communication (Journalisme, Communication, Numérique, Archives, Bibliologie, Bibliothéconomie, Documentation et  NTIC(Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication), Psychologie, Sciences politiques.  Animateur du blog: http://archivistebateko.canalblog.com/ DRC-Kinshasa.